Le tir de Samuel Honrubia

 

HANDBALL – L'ailier parisien, meilleur buteur tricolore depuis le début des championnats du monde, explique sa technique pour parvenir à marquer aussi souvent...

 

 

Vingt-huit buts inscrits à 88% de réussite, deuxième meilleur pourcentage de tous les joueurs en compétition, le tout en jouant à peine une mi-temps par match. Samuel Honrubia est la véritable révélation de ces championnats du monde pour l’équipe de France. L’ailier du PSG handball a accepté de détailler les secrets de sa technique de tir pour 20 Minutes.

 

Ne pas rater son saut

 

«Si un ailier ne pousse pas sur ses jambes au moment de sauter, c’est cuit. Pour s’entraîner, on soulève des charges de 130kg sur une seule jambe d’appui. On fait aussi du saut de haies, en général on les met à 1m10 de hauteur. Cette partie physique est indispensable. Après, le tir veut que tu prennes le plus d’angle possible. Dans les écoles de hand, ils t’apprennent à sauter en allant chercher directement le point de penalty. Mais le plus dur dans le saut, c’est d’avoir la bonne distance. Je fais un 45 en pointure pour 1m80, c’est un peu disproportionné, alors quand j’étais plus jeune je faisais mon dernier pas trop grand et je mettais souvent le pied en zone. A Paris, Philippe Gardent me dit que je fais zone à chaque fois à l’entraînement. Mais pas en match, ça doit être programmé dans mon cerveau.»

 

Etudier la position de l’adversaire

 

«Avant même de sauter, il faut que tu regardes ton défenseur pour savoir s’il va pouvoir te toucher pour te déséquilibrer un peu ou s’il va te laisser tirer. Si tu vois qu’il est en zone, tu lui sautes dessus parce que tu es sûr que même si tu rates tu vas avoir un penalty. Ensuite, il faut analyser ce que fait le gardien. Tu as des types de gardien, par exemple ceux des Balkans, qui vont te laisser le premier poteau pour te dire "essaie de me le mettre là" avant de fermer la porte. Et puis tu as des gardiens comme Titi Omeyer qui restent au milieu. Ils vont lire ton bras et bouger au dernier moment, c’est ce qui me pose le plus de problèmes. Parce que tu dois faire un choix sans savoir ce que le gardien a en tête.»

 

Choisir la bonne option de tir

 

«Les entraîneurs apprennent à aller chercher le second poteau mais chaque tireur a sa propre gamme. Moi j’aime aller chercher le premier poteau en bas ou le second à mi-hauteur, parce que c’est des tirs faciles techniquement. Le roucoulettes par exemple, je ne maîtrise pas donc je ne tente pas. Quand tu tires franchement et que tu rates, ça passe, mais si tu te manques parce que t’as voulu faire le spectacle, tu te fais engueuler ! Tu es dans un duel, c’est une lutte psychologique que tu ne peux pas perdre donc il faut aller au plus simple. J’ai le souvenir l’an passé d’un match contre Chambéry: à la fin, Gardent crie bien fort à ses joueurs "Laissez tirer Honrubia" exprès pour me déstabiliser. Derrière la balle m’arrive et je me suis régalé.»

 

Apprendre à tomber sans se faire mal

 

«Amortir la chute après le tir ça s’apprend. Je me rappelle  de Greg Anquetil qui faisait des roulades après ses buts…C’est comme les judokas quand ils s’attendent à une prise, ils savent comment ils vont tomber. Le problème, c’est que des fois tu es touché par le défenseur donc tu es en déséquilibre et tu contrôles plus rien, surtout pas la chute. Là tu te fais des bonnes brûlures, entre nous on appelle ça des pizzas. Mais Au final, la seule chute qui peut être réellement dangereuse c’est quand tu te fais attraper les pieds pas un défenseur en l’air. Les arbitres sont très sensibilisés là-dessus et en général ils pénalisent le défenseur à la moindre touche.»